Le réservoir à vessie est le petit « tampon » qui évite à votre pompe de démarrer à chaque ouverture de robinet. Bien choisi et bien gonflé, il stabilise la pression et ménage le matériel ; mal réglé, c’est l’une des premières causes de démarrages à répétition. Voici comment choisir sa capacité, son type et sa pression de gonflage.
À quoi sert un réservoir à vessie ?
À l’intérieur, une membrane (la vessie) sépare l’eau d’un coussin d’air ou de gaz sous pression. Quand la pompe remplit le réservoir, le coussin se comprime ; quand vous ouvrez un robinet, il repousse l’eau. Le réservoir remplit ainsi plusieurs rôles :
- stocker un petit volume d’eau sous pression pour les faibles soutirages, sans lancer la pompe ;
- limiter le nombre de démarrages de la pompe, donc l’usure du moteur et du pressostat ;
- amortir les à-coups de pression (coups de bélier) dans l’installation ;
- lisser la pression aux points d’utilisation.
Il s’associe à un surpresseur, à une pompe de surface ou à une pompe immergée avec un contacteur manométrique (pressostat).
Réservoir en ligne, vertical ou horizontal
| Type | Intérêt | À vérifier |
|---|---|---|
| Réservoir en ligne | Compact, se monte directement sur la canalisation, utile pour amortir les à-coups. | Capacité faible selon le modèle : surtout un complément ou un petit amortisseur. |
| Réservoir vertical | Occupe peu de surface au sol, pose simple près de la pompe. | Hauteur disponible, stabilité et pose sur un sol plan. |
| Réservoir horizontal | Bas, adapté aux locaux de faible hauteur ; certains modèles reçoivent la pompe dessus. | Encombrement au sol et type de raccordement. |
Quel que soit le type, vérifiez sur la fiche produit la pression maximale de service (elle doit dépasser la pression d’arrêt de la pompe), la température admise et si la membrane convient à l’usage prévu, notamment pour une eau destinée à la consommation. Les accessoires pour réservoirs complètent l’installation.
Capacité et pression de gonflage
Plus le réservoir est grand, plus le volume d’eau réellement utilisable entre deux démarrages est important, et moins la pompe démarre. Ce volume utile dépend surtout de l’écart entre la pression de démarrage et la pression d’arrêt, du débit de la pompe et du nombre de démarrages par heure toléré par le fabricant. Le volume utile est toujours bien inférieur à la capacité affichée, comme le montre l’exemple suivant.
Exemple chiffré (calcul simplifié)
Un réservoir de 100 l, gonflé à 1,8 bar, avec une pompe qui démarre à 2,0 bar et s’arrête à 3,0 bar. En pressions absolues (pression atmosphérique ≈ 1 bar) et en supposant l’air parfait, le coussin d’air occupe environ 93 l au démarrage et environ 70 l à l’arrêt. L’eau utilisable entre les deux est donc d’environ 23 l, soit moins du quart de la capacité. Valeurs indicatives : pour une installation précise, suivez la notice et la fiche produit.
Un réglage plus large (pression d’arrêt plus haute) augmente le volume utile, mais impose une pression de service compatible avec le réservoir et la pompe. Avec un surpresseur à vitesse variable, le réservoir est en général plus petit : suivez la recommandation du fabricant.
La pression de gonflage. La règle de base : la pression de gonflage du réservoir, mesurée réservoir vidé de son eau, est d’environ 0,2 bar sous la pression de démarrage de la pompe. Pour un démarrage à 2,0 bar, on gonfle donc à environ 1,8 bar.
- Coupez l’alimentation électrique de la pompe, ouvrez un robinet pour vider le réservoir de son eau.
- Contrôlez la pression à la valve avec un manomètre adapté (type manomètre de pneus), puis corrigez avec une pompe à air ou un compresseur.
- Ne dépassez jamais la pression maximale indiquée sur le réservoir.
Contrôlez ce réglage régulièrement, par exemple une fois par an. Une pompe qui démarre toutes les quelques secondes, une pression qui varie fortement ou de l’eau qui sort par la valve d’air peuvent indiquer un coussin d’air insuffisant ou une membrane à remplacer.
Notre méthode de choix en 5 étapes
- Relevez les pressions de démarrage et d’arrêt réglées sur la pompe ou le pressostat.
- Notez le débit de la pompe et le nombre de démarrages par heure admis par le fabricant.
- Choisissez la capacité en vous aidant de la fiche produit, en privilégiant la taille supérieure en cas d’hésitation.
- Vérifiez la pression maximale de service du réservoir : elle doit dépasser la pression d’arrêt de la pompe.
- Choisissez le type (en ligne, vertical, horizontal) selon la place disponible, puis réglez le gonflage.
Questions fréquentes
Pourquoi ma pompe démarre-t-elle toutes les quelques secondes ?
Le plus souvent, le coussin d’air est insuffisant (gonflage trop bas, membrane fatiguée) ou le réservoir est trop petit pour le débit. Contrôlez d’abord la pression de gonflage, réservoir vidé de son eau.
Peut-on installer un réservoir plus grand que celui d’origine ?
Oui, à condition de respecter la pression maximale de service et de l’adapter au raccordement. Un volume plus grand réduit les démarrages ; vérifiez la place disponible et réglez le gonflage.
Faut-il un réservoir avec un surpresseur à vitesse variable ?
Souvent oui, mais plus petit : il amortit les à-coups et couvre les très faibles soutirages. Suivez la notice du fabricant du surpresseur.